Momentanément fermé

Ecrivains.org existe depuis 7 ans, il est temps pour le site de faire une véritable pause, le temps de le repenser complètement et d’arrêter de le considérer comme une auberge espagnole. Je ferme par la même occasion les commentaires et les trackbacks de ce site.

Je continue cependant à écrire sur This Women Coil, avec l’ami Ulrich et j’ai ouvert une nouvelle brasserie qui se nomme Teppaz. A bientôt sur ces deux audioblogs.

Pas si seuls que ça

notalone.jpgNot alone (Doctors Without Frontiers - Médecins Sans Frontières)

Thurston Moore - Sex addiction

Souviens-toi cet été de 1981, quelque part aux Etats-Unis, un problème sanitaire est soulevé par un organisme américain qui détecte chez certains patients homosexuels “une fréquence anormalement élevée de sarkome de Kaposi”; un an plus tard on parlera de virus; deux ans plus tard, l’Institut Pasteur isole le virus du Sida. 23 ans plus tard, le fléau perdure et charrie chaque année ses millions de mort. Malgré la prévention, malgré les traitements. En 2005, le 1er décembre, les ONG avaient porté haut un slogan “Stop AIDS. Keep the promise” et établissaient un terrible constat : 60% des personnes atteintes vivent sur le continent africain ; au Zimbabwe, une femme enceinte sur cinq est atteinte par le virus, etc.

L’Afrique, ce continent de plus en plus oublié, ne bénéficie pas de la bienveillance des laboratoires et uniquement 10 % de la population contaminée bénéficie d’antiviraux.

La lutte et la sensibilisation sont donc toujours d’actualité. Toute aide, même insignifiante, est toujours la bienvenue ! C’est peut-être qu’en ces termes que Mark Logan, le patron de Jnana Records, engagea son projet humanitaire en réunissant quelques artistes pour une compilation dont les bénéfices seraient reversés à Médecins Sans Frontières. Fortement marqué par le reportage-fiction de Susan Hunter, Black Death, Mark Logan appela David Tibet de Current 93, pour savoir s’il voulait bien lui donner une des chansons du groupe pour sa future compilation. Le leader de Current 93 fit mieux que cela, il lui donna en plus douze noms d’artistes qui seraient intéressés par ce projet.

Septembre 2005, 86 artistes ont contribué à cette formidable entreprise et en février 2006 sort cinq CD remplis à ras bord de morceaux la plupart inédit. Not Alone n’est pas seulement impressionnant par son générique imposant mais aussi par la qualité et la diversité des morceaux. Le projet offre à nos oreilles étourdies un excellent kaleïdoscope des musiques actuelles. La richesse et la densité sont au rendez-vous et on ne peut se féliciter qu’une telle entreprise ait pu voir le jour grâce à la générosité des contributeurs.

Donner les noms de tous les artistes est impossible mais pour vous donner une idée sachez que Marc Almond, Thurston Moore, Jim O’Rourke, Devendra Banhart, Coil, Current 93, Bill Fay, Matmos, Nurse With Wounds, Charlemagne Palestine, Vashti Bunyan, Antony (and The Johnsons), Bonnie Prince Billy, Marissa Nadler, Linda Perhacs, Howie B, Six Organs of Admittance, Jad Fair, Jarboe, etc. sont les généreux artistes de cette compilation.

Pour 25 dollars, vous aidez Médecins sans frontières; pour 25 dollars, vous avez le meilleur de la musique actuelle. Que dire de plus ?

Dans la bouche du grand néant

thesound1.jpg From The Lion’s Mouth
1. Winning
2. Sense of purpose
3. Contact the fact
4. Skeletons
5. Judgement
6. Fatal flaw
7. Possession
8. The Fire
9. Silent air
10. New Dark Age

En 1981, mon univers musical se résumait à peu de choses. Ma conscience musicale ne se réveillera que beaucoup plus tard, lorsque mes tympans rencontrèrent le son de New Order. De fil en aiguille, on remonte ainsi toute une généalogie rock, pop, punk, folk, blues, jazz, avant-gardiste, etc. Il suffit que l’on ait une envie énorme de découverte pour que l’on comprenne l’étendue de sa méconnaissance musicale. Qui dit donc New Order, dit Joy Division. Qui dit Joy Division, dit contemporains et forcément les hommes-lapins hantent les lieux de la mémoire. Ce sanctuaire est un lieu sacré, parfois caché et abritant quelques souvenirs inestimables.

Mais quel long chemin, le From the lion’s mouth de The Sound a parcouru pour se glisser enfin dans les interstices d’un player mp3 ? Révélateur d’une époque charnière, ce groupe eut un succès tout à fait relatif durant sa carrière. Fondé par Adrian Borland en 1979, ils enfilèrent les disques avec une précision de métronome pour se perdre définitivement en 1987. Situé à la croisée des chemins d’un post-punk neurasthénique et d’une dark folk moyennement maîtrisée, le groupe voulut tâter du succès en rendant ses disques de plus en plus accessibles. Laissant l’univers noir de ses deux premiers albums (dont fait parti From the lion’s), The Sound s’orientera vers une musique plus viscérale liée à une mélancolie qui saigne plus qu’elle ne signe. A tout bien regarder, The Sound fut l’égal des groupes de l’époque, ne serait-ce que pour ces deux premiers albums, nappés de synthétiseurs ambiants, de riffs de guitares ciselés et marqué par l’empreinte vocale de son leader, Adrian Borland. Le groupe bâtissait un son, son univers. Il est dommage que cette volonté créatrice se soit perdue en cours de route.

From the lion’s mouth véhicule à lui tout seul le legs d’une époque, la silhouette de la new-wave d’alors prépondérante se devinant l’esprit pionnier qui animait ces groupes. Et si Adrian Borland décida de rejoindre Ian Curtis au royaume des grands suicidés (il se jeta sous les rails d’un train en 1999), l’hommage tardif qui lui fut rendu est l’exemple même que la mémoire sait parfois se rendre reconnaissante. Ainsi, je n’oublierai pas de sitôt ces dix poignantes chansons dont la moitié confine au sublime.

Baygon un, baygon deux…

Je parle rarement de politique sur ce blog.

Parce que ce n’est pas vraiment le lieu, pas vraiment le thème non plus et puis parce que tout le monde se fiche éperdument de mes opinions politiques. Contrairement à d’autres gus (non je ne ferai pas de lien, la connerie a ses limites) qui proclament pour qui ils voteront en 2007 sans rien comprendre à la dialectique fascisante d’un certain discours, je ne juge pas utile de donner mes intentions de vote.
Oui mais…

J’ai la tapette à moustiques qui me démange le poignet…

Ce matin, sur une liste de diffusion amie (un truc interactif qui date du web 1.0), je lisais que l’ancien concierge de Solferino voulait reprendre du service. Celui par qui toute cette merde est arrivée se pose en sauveur de l’ex-gauche plurielle, ou plus timidement du PS. Il ne suffit pas qu’on ait le droit depuis cinq ans à un futur faiseur de Matin Brun qui aimerait passer la France au karsher, obliger tout le monde à faire du sport ou bien mettre la justice française à sa botte, mais il faut aussi que l’on se tape à longueur de dépêches AFP le parti socialiste le plus bête au monde. Le baygon donc me démange. Il ne manquerait plus que l’autre Père Fouettard fasse la une d’un magazine pour que cette élection présidentielle tourne définitivement au ridicule… ah flûte, c’est déjà fait ! Il sera bientôt excellent pour la santé d’éviter les hausses de tension, les coups de sang, les bonds chroniques au plafond, en jetant aux orties tout ce joli petit monde. Bon pauvres débiles que nous sommes, n’oubliez pas que s’abstenir c’est maaaaaaaal ! C’est comme fumer, ça tue et l’abus d’alcool… blahblah. Je parie deux kopeks (la dévaluation est passée par là) qu’un des sujets prisesdechou des éditorialistes sera au choix : le taux de participation ou le score du FN. Parce que le reste, voyez-vous c’est déjà bouclé et ce, grâce au Monde. Ne nous étonnons donc pas si au second tour des Présidentiels, certains choisissent d’aller glander en bord de Seine, pêcher la morue en Islande ou je ne sais quoi d’autres de plus enrichissants. Moi je me vois bien rhumeriser sous les cocotiers… au premier et au second tour. Et je vous vois arriver les pères-la-morale avec votre discours sur la démocratie, qu’un tel comportement est suicidaire… Certes, si ça vous plaît de manger des couleuvres matin, midi et soir en changeant juste la sauce, c’est votre problème, pas le mien.
Voilà.

Et à part ça, Podvains est de retour demain soir.
Oui je sais.

The Cowboy and The Frenchman

cowboy.jpg
En 1988, le Figaro Magazine commanda à quelques cinéastes une série de courts métrages pour fêter les dix ans du magazine sur le thème Les français vus par… . Ces films passèrent à la télévision dans le cadre du bicentenaire de la révolution française. Parmi les cinéastes invités, on trouve Jean-Luc Godard, Werner Herzog, Andrzej Wajda, Luigi Comencini et David Lynch.

Après le succès de Blue Velvet, la notoriété de David Lynch commence à faire son petit effet sur la planète cinéma. Le style et l’univers lynchien s’installent petit à petit dans les mentalités. Pourtant, The Cowboy and The Frenchmen n’appartient pas, à proprement parler, à cet univers onirique auquel nous habituera le cinéaste américain par la suite. Ce court métrage est une comédie et plutôt un exercice de style dans lequel Lynch s’essaie (avec bonheur) à un humoir noir. Avec Blue Velvet, Lynch initie ce qui deviendra pour lui un principe artistique, traiter l’absurde par l’étrange. De fait, ce petit film ne puise pas à outrance dans cette veine, mais simule l’incompréhension d’un pauvre type enlevé (The frenchman) qui se retrouve dans un ranch. De clash en clash, et surtout d’incompréhension en incompréhension, le kidnappé et ses ravisseurs finissent par sympathiser et tout ceci se termine autour d’un feu de camp à chanter dans un fran-américain des plus foutraques.
Lynchien donc dans la forme mais par sur le fond. C’est un film burlesque où le rire prédomine dans chaque scène. Un humour que l’on retrouve bien volontiers chez les frères Cohen ou encore chez Jim Jarmush. Il est rare que Lynch confronte et analyse la rencontre de deux cultures et tout ce qu’il y a de drôle à se retrouver dans des situations ubuesques nées de la probable incompréhension. Mais ici on prend la pleine mesure de cette facette pince-sans-rire, de cet humour minimaliste qui sera distillé par la suite dans ses films ( la mini-série On the air, par exemple ou plus communément, le style très british de l’agent Dale Cooper dans Twin Peaks).

The Cowboy and The Frenchmen n’est pas un chef-d’oeuvre, mais une autre manière de voir une facette plutôt méconnue de David Lynch.

[Télécharger le Torrent - AVI - 228 mo]

Crédits :

Executive Producer: Paul Cameron, Pierre Olivier
Producer: Daniel Toscan du Plantier
Written and Directed by David Lynch
Cinematography Frederick Elmes
Edited by Scott Chestnut

Production Design: Patricia Norris
Sound Design: John Huck Music: Jacques Offenbach, Radio Ranch Straight Shooters, Eddy Dixon, Jean Jacques Perrey
Additional Music: Bobby Woods

Cast: Harry Dean Stanton (Slim), Frederic Golchan (Pierre), Tracey Walter (Dusty), Jack Nance (Pete), Michael Horse (Brocken Feather),Rick Guillory, Marie Lauren, Patrick Hauser, Eddy Dixon, Magali Alvarado, Ann Sophie, Robin Summers, Kathy Dean, Leslie Cook, Manette Lachance, Kelly Redusch, Michelle Rudy, Debra Seitz, Dominique Rojas, Audrey Tom, Amanda Hull, Talisa Soto, Jackie Old Coyote

The death of dynamic range

Cette page montre comment en 10 ans, la qualité du son sur les albums a décru.

Le Bal des Innocents

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Une nouvelle forme de cinéma est née. Au moment où la Loi DADVSI tente de réguler et contrôler la diffusion de tout contenu électronique et culturel sur l’Internet Français, certains ont pris résolument le maquis du Libre. Après la musique, le cinéma prend aussi cette tangente. Le Bal des Innocents est la première initiative française à utiliser la licence Creative Commons.
Petit budget, film expérimental, ce film emboîte le pas de Jeronimo Caserio, le jeune anarchiste qui assassina SAdi Carnot en 1894. On a du mal à imaginer aujourd’hui ce que pouvait être cette époque fortement emprunte de revendications syndicalistes et anarchiques… or, Caserio revendique aujourd’hui une seconce chance de transformer le monde, une révolution telle qu’elle nous amène à une danse sans fin., à une révolution surréaliste et certainement situationniste.

L’effort est louable, reste que ce film soulève un débat avec le choix de sa licence, : on ne peut pas le modifier et encore moins l’utiliser à des fins commerciales. Contrairement à Elephants Dream, le premier film réellement Libre, le Bal des Innocents n’est que diffuser librement… et quelque part, c’est comme si on retirait à Picasso, le droit de s’inspirer ouvertement de Goya ou de Delacroix pour peindre. Libre oui mais jusqu’où ?

> Télécharger le Bal des Innocents

Ce n’est pas…

Parce que PODvains n’existe plus en tant que tel que je vais m’interdire de parler musique, surtout lorsqu’il s’agit de parler de petits nouveaux weblogs qui sont apparus sur la scène.

J’en ai retenu deux pour ma part, qui m’amusent par leurs diatribes :

- The Civil Servant : Blind test, extraits de sa discothèque perso, sujets dédiés assez variés. Très généreux dans le ton et la forme…

- Pop… out : Ici le ton et le style sont radicalement différents que le sus-nommé Civil Servant : volontairement hargneux, rentre-dedans, ironique pour ne pas dire cynique et magnifiquement bien écrit. J’attends de voir ce que cela va donner sur la durée…